[Chronique] Retrospective : Helioss

par Florian

La Grèce Antique et ses divinités... un monde fascinant, d’innombrables légendes et croyances y ont été crées. Parmi-elles, Hélios, divinité solaire, était la personnification du Soleil et de la lumière chez les grecs.
Pourquoi parler de ça me demanderiez-vous ? Car le monde du Metal et de la musique en général, regorge d’artistes qui ont puisé leurs influences et rendu hommage à cet univers si vaste, que ce soit par leurs paroles, leurs visuels ou encore par leurs noms, parmi ces nombreux artistes, le projet de Nicolas Muller fondé en 2009 dont il va être question aujourd’hui ; Helioss.

Helioss voit donc sa carrière débuter en 2009, à Paris, Nicolas Muller commençant la composition des morceaux, il demanda à Pierre Jourdan-Gassin (Unchained, Scornforger) de prendre place derrière le micro. Nicolas reste maître des compositions, s’occupant des textes, des musiques, des arrangements, de l’enregistrement, un véritable homme à tout faire.
2010 voit la sortie du premier E.P du groupe, du nom de "Confessions", 6 titres d’un Black Metal Mélodique, aux arrangements symphoniques et aux grandes influences baroques et classiques dans la composition. Ne possédant pas cet E.P, je ne pourrai pas trop développé dessus, mais le duo ne va pas tardé à plancher sur son premier album qui sort en 2012, sous le nom de "The Forthcoming Darkness".

L’album nous livre 55 minutes de bonheur pour 13 titres dont 3 instrumentales. Et dès les premières lueurs de l’aube amené par "Era Of Rain", on ressent cette influence classique, qui va nous porter tout au long de l’album, que ce soit par l’omniprésence des claviers et autres arrangements symphoniques du plus bel effet(l’intro de "The Legion of Pariahs" ou celle de "The Burning Eyes" ou encore "Architects" pour ne citer qu’elles.) ; mais ce n’est pas tout ce que le groupe propose : le charme d’Helioss provient de ces guitares, les riffs, les leads, tout cela est complètement magnifié par cette production qui rend aux musiques tout leur aspect rayonnant et splendide ("The Dance of the Vampire").
Et toute la puissance d’Helioss provient de l’habilité à mener cette section symphonique magnifique avec toute la force du Black/Death. Les riffs peuvent être dévastateurs, celui qui introduit l’album "The Worm Inside" est tout simplement hallucinant, on peut aussi parler de la terrible intro de "At The Center of Infinites". Le tout se mêlant à la perfection, porté haut par la voix de Pierre, qui assure parfaitement au chant, son timbre de voix alternant le growl puissant et le chant black colle parfaitement aux compositions de Nicolas.
En parlant du chant, comment ne pas parler des derniers instants de "Among the Dead" chanté en français ? Alors que la musique commence sur un déferlement incroyable, porté par un riff ô combien magnifique, puis passe sur un passage instrumentale des plus radieux nous rappelant encore une fois tout le talent du groupe pour l’atmosphère créé à l’écoute de cet album, un véritable voyage, et, appuyé par un riffing bien plus tragique, Helioss achève son album sur ces paroles en français ;

« Comme les millions qui m’ont précédé

Je vais maintenant ouvrir cette porte
Emmènerai avec moi pour ce long voyage
Des souvenirs de rires et de pleurs

Je me rappellerai nos conflits
Nos haines et nos désirs de mort
Tout ce aue l’on m’a infligé
Je saurai l’oublier

J’ai été tiré du néant
J’ai été parmi les vivants
Vivre et mourir avec eux
Adieu
 »

55 minutes d’un Black/Death Mélodique/Symphonique absolument grandiose.
On pourrait parler de chaque musique pendant longtemps tant elles sont intéressantes et ont chacune leurs particularités qui nous font nous y accrocher et les rendent reconnaissables et uniques, que ce soit les leads introductives de "De Occulta", les guitares magistrales de "Genocide", la magnifique "The Last Glow of the Universe" qui me fera lâcher plus d’une larme.
Un premier pas pour Helioss, et déjà une réussite totale, combinant à merveille ses influences et réussissant une prouesse des plus admirables, un coup de cœur total, et ce n’est que le commencement.

Car 3 ans plus tard, alors que Pierre laisse son micro à un nouveau chanteur, DM (Wrath From Above, Disgraved), actuellement toujours derrière le micro, Helioss revient donc en 2015 avec non seulement un artwork encore plus beau que le précédent mais avec 11 titres constituant ce "One With The Sun".

Ce qui va nous marquer directement ce sont les changements au sein de la musique des français.Bien évidemment on reste proche des influences néoclassiques, des passages mélodiques et orchestraux toujours plus célestes (cette introduction, "One With The Sun", cette atmosphère cosmique et grandiose qui nous plante directement le décor.) et à nouveau ces guitares et cette production magnifiant toujours les compositions, comme si le seul talent du groupe ne suffisait pas à nous mettre à genoux.
Ce qui va changer sur cet album, ce sont les nouvelles possibilités apportées par la venue de DM au chant, "Come to the Feast" débutant sur un growl des plus ténébreux, on va vite comprendre que le chant va à nouveau buter de manière sévère sur cet album !
En effet, en plus de DM en tant que nouveau chanteur principal, Nicolas a invité 4 guests pour participer à 5 morceaux de l’album, d’ailleurs parmi eux, on retrouve Pierre qui chante sur la sublime conclusion "Unis", titre entièrement en français et des plus grandioses avec ce refrain qui nous rentre en tête. Mais que ce soit sur le somptueux refrain en chant clair de "The Filth of Mankind" ou celui alternant growl et voix clair portant haut les paroles d"’Espace-temps", Helioss fait toujours preuve d’un chant à toute épreuve, collant parfaitement à la musique.
Nicolas ne s’est pas relâché, proposant toujours un Black Mélodique, teinté de Death, des compositions toujours très travaillées, des riffs toujours aussi efficaces appuyés par des orchestrations magiques (Non mais sérieusement cette intro de "The Face of God" ?! Impressionnant.)

Tout ce qui nous a porté dans le premier opus, revient sans faiblir, on peut parler des guitares qui nous transportent sans relâche, "Bondage of Oppression" ou encore les solis de "We, The Kings" (Cette basse durant la transition avant 4:00, nom de Dieu !), ou encore on pourrait parler de la très original "Her Song Of Ruin", commençant sur la musique russe Катюша (Katyusha), et possédant d’autres passages très dansant et traditionnels au milieu des puissants moments de Black/Death, cette musique traite justement du front de l’Est durant la seconde guerre mondiale, où les lances-roquettes soviétiques, les "Orgues de Staline" étaient nommés Katyusha, un sujet me parlant particulièrement étant passionné par les événements de 39/45, en clair, une réussite totale que cette pièce à part.

En 2015, Helioss nous a encore prouvé tout son potentiel, sa faculté à innover et toute sa puissance. Cette facilité que le groupe possède à nous emmener voyager vers d’autres contrées ou à rêver près du Soleil.
Ce joyau brûlant de technicité, de mélodies et de beauté qu’est "One With the Sun" a encore montré à quel point ce groupe est à part dans la scène française et ô combien il est important à mes yeux.

C’est sans tarder que 2 ans plus tard, le 24 mars dernier, Helioss revient nous sortir un 3ème effort, "Antumbra" accompagné de leur artwork le plus intriguant mais aussi le plus beau à mon sens. Je parle des visuels sans forcément m’y attarder, mais Nicolas Muller a produit un boulot monstrueux pour ces derniers, après avoir eu des teintes et des couleurs resplendissantes sur "One With The Sun" ou "Confessions", sur ce "Antumbra" on y voit cette éclipse de soleil et en effet cet artwork colle une fois de plus complètement à la musique, on ne se verra pas projeter au beau milieu de l’astre qui nous illumine mais on voyagera en plein ténèbres.

Cet album se voit bien plus sombre, dés les premières tragiques notes de la splendide "The World is Ours", on est plongé dans ce monde qui est désormais le notre, sans la moindre chance de réchapper à ce qu’il va nous arriver, on se verra vivre 58 minutes dans l’ombre de cette éclipse.
Ce changement d’ambiance va à nouveau se faire ressentir, des compositions plus violentes et tragiques, (Ecoutez les claviers de "The World is Ours", quelle agressivité, quelle puissance !). Cette ambiance que l’on va admirer de près plus d’une fois, cette "Dernière Nuit" nous laissant seul au monde avec son introduction, nous posant un décor ravagé, avant de monter en puissance avec ce refrain immense appuyé par l’utilisation des chœurs.
En effet bien qu’ils n’ont évidemment pas disparu, les arrangements symphoniques sont moins en avant, laissant plus de place aux chœurs, à la place, ils sont disséminés mais toujours utilisés de la meilleur des manières, pour nous faire ressentir l’atmosphère transmise par Helioss, écoutez "Santhara" ou "The Sun Is Gone" cette puissance symphonique impressionnante avec derrière elle une batterie dévastatrice et un DM au chant qui nous montre un niveau impressionnant, alternant growls ténébreux et une voix Black maîtrisée et plus puissante que jamais ("Bring Forth the Rain", "The Sun Is Gone" je tremble encore de la première minute ou du finale absolument majestueux de cette musique).

Et encore une fois, la production est parfaitement adaptée, première sortie chez un label pour Helioss et pas n’importe qui car il s’agit d’Apathia Records (Atlantis Chronicles, Pryapisme, Wrath from Above, öOoOoOoOoOo, etc...) et déjà que la production par le passé était non seulement importante mais en plus d’une qualité indéniable, cette fois-ci on touche la perfection.
Les guitares sont sublimées comme sur l’intro de "Dernière Nuit" encore une fois !, inarrêtables sur "The Sun Is Gone" ou encore "Drowning In Your Light" une des pièces maîtresse de l’album à l’atmosphère lourde et pesante.
Autre nouveauté pour les français, les pièces deviennent plus longues ou du moins certaines prennent plus leur temps nous dévoilant toujours plus de la maîtrise de la composition que Nicolas n’a maintenant plus rien à prouver à qui que ce soit, tant sa musique est magnifique ! On peut citer "Drowning In Your Light" qui n’a pas fini de me faire voyager, "Bring Forth The Rain" que j’ai cité pour sa voix mais qui ressort par sa superbe construction à l’aide de guitares acoustiques au beau milieu des riffs ravageurs, et qui nous emporte par ces guitares volantes.
La lancinante "Coupables" et ses leads mélancoliques, son ambiance prenante avant l’explosion du morceau à 3:20 nous entraînant de tous les côtés, une sublime conclusion digne d’Helioss, aux paroles fortes et à l’atmosphère unique.

Mais surtout et je me dois d’en parler, la pièce que je garde jalousement depuis le début, "The Ninth Hour"... unique pièce d’Helioss a dépasser les 8 minutes, et quelles minutes ! Ces lourdes cloches du début, avant d’entendre la guitare, le tout s’associant pour nous éclipser de notre propre vie, avant de faire une fulgurante montée en puissance et après une minute, l’explosion, la batterie déchaînée nous arrachant à notre monde, DM au chant entièrement possédé et instoppable, tout comme ces guitares et ses leads nous poussant dans tous les sens, plus aucun repère ne nous entoure avant qu’ Helioss calme le jeu, le temps pour nous de reprendre nos esprits et de réaliser dans quelle monde les français viennent de nous entraîner par la force. Et encore je n’ai pas évoqué tous les moments du même acabits que recèle cette pièce (Ce solo à 5:35, je ne m’en remet pas.)

Helioss est donc revenu en 2017 avec un album bien plus sombre, mais bien plus personnel, presque intime par moment. Certains pourront regretter la place moins importante accordée aux orchestrations, moi je suis ravi, elles sont parfaitement utilisées et ça n’enlève rien à cet album que je qualifie d’ors et déjà de chef d’oeuvre en ce début d’année. Un véritable coup de cœur, et à mes yeux mon oeuvre préférée d’Helioss qui ne cesse de nous faire voyager, toujours plus haut, dans les étoiles.

Helioss est une formation qui me tient clairement à cœur, leur musique très personnelle, avec un son propre à eux, me touche au plus profond à chaque écoute, sans la moindre once de lassitude. Un groupe incroyable qui embellit son oeuvre et son image à chaque nouvel album, un immense bravo. Ces français n’ont rien à envier aux grandes formations de Metal Extrême Symphonique et ont particulièrement leur place au milieu de cette scène, une place bien à eux, près du Soleil.

Merci Helioss.

P.-S.

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